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EDITO

 

 

Copenhague (1) ferme ses portes et l’Ultimatum climatique clignote toujours dans nos -rétroviseurs. Arrêtons nous dit-on partout, de “manger des fraises du bout du monde, (de) voyager en tout sens, (de) chausser des tennis qui -clignotent quand on marche” (2) et voyons ce qu’il est possible de faire. Plus raisonnablement, nous pouvons agir -localement avec les locavores, les Amapiens, les Slow-foodiens, les artisans, les architectes, les agriculteurs, les vignerons, bref les gens du coin. Et de fait, la mode n’a jamais autant été aux relations rétablies, directes, conviviales, avec notre prochain.

Côté gastronomie, on enlève les “perfus” placées sur nos bras par l’industrie agro-alimentaire, on reconstruit les ceintures maraîchères et on choisit les -circuits courts. Très courts. C’est le thème de notre dossier central, Aux origines du goût. En Languedoc-Roussillon, nous avons rencontré les Consomm’Acteurs qui, à la faveur des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), en suivant l’exemple du très médiatique “locavore” Stéphane Linou, ou en embrassant l’idéologie du mouvement anti-malbouffe Slow-Food, prônent ce qui est bon pour le goût, propre pour le corps et pour la -planète et juste pour le producteur.

Être Slow ou locavore, ça n’exclut pas la gourmandise, du moment qu’on fait la fine-bouche régionale : à la rédaction, on a dégusté pour vous un macaron AOC Montpellier, qui a donné lieu à un petit dossier sur ce coussin divin, moelleux, craquant et suave à souhait, considéré ailleurs comme un mets de roi. Mais, ce qui est devenu aujourd’hui un combat pacifique pour le goût, descend en droite ligne de l’Art de vivre à la française... Et où sont passées les saucières en argent, les rafraîchissoirs, les tables gibier, les verres de cristal qui présidaient à la table de nos ancêtres ? Après un siècle de sommeil, ce temps s’offre à nous sous la forme luxueuse d’un musée des Arts décoratifs rendu à son premier éclat : l’hôtel de Cabrières-Sabatier d’Espeyran qui, après deux ans de travaux, ouvrira ses portes en février prochain à Montpellier. Il met en scène une histoire du goût, relayée par les meilleurs artisans d'art locaux.

Côté art de vivre, la région n’est pas en reste pour consommer local, avec les bains de Sardane (Llo, -Dorres, Saint Thomas), la version populaire et catalane du “bonheur est dans le pré”. Des bains chauds jaillissants du granit et des schistes, pour faire trempette, la tête entre les sommets, confortablement campé devant le grand paradis blanc de la Cerdagne enneigée. Nous interrogerons aussi dans ces pages la forêt, formidable usine à vie aux équilibres imbriqués… Les tempêtes de 1999 et de 2009 ont fait évoluer les regards portés sur elle. Et nous amènent à remettre en question les modes de gestion trop artificiels… Un an après la tempête Klaus (24 janvier 2009) qui a balayé les massifs de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, le reboisement commence, sous l’œil des agents ONF. Ce sont les 12 travaux d’Hercule, avec une nouvelle donne dans le choix des essences qui seront plantées : le réchauffement climatique !

Ce nouveau numéro, c’est aussi un dossier complet sur les lofts et leur incarnation régionale : les caves coopératives et les filatures. Architectes, lofteurs, artisans, conservateurs de musées s’expriment sur ce phénomène qui s’est ancré en région, avec beaucoup d’originalité.Vent Sud, c’est aussi des portraits de designer, de styliste, une sélection de vins signée Alain Martin, des rencontres insolites, l’agenda culturel… Pour consommer, se cultiver, sortir local.

 

 

Idelette Fritsch


(1) : Sommet de l'ONU sur le climat, du 7 au 18 décembre 2009

(2) : "Nous y sommes" de Fred Vargas

 

SOMMAIRE

 
Montpellier a son musée des Arts décoratifs
En février prochain, l’hôtel de Cabrières-Sabatier d’Espeyran, nouveau département des Arts décoratifs du musée Fabre, ouvrira ses portes à Montpellier. Entièrement rénové après un dégât des eaux survenu en 2003. Et 2 ans de travaux. Vaisselle, orfèvrerie, mobilier XVIIIe et XIXe… En tout 800 œuvres du quotidien, la plupart mises en scène dans leurs décors d’origine, attendent le public. Pour animer ces lieux, leur redonner le génie qu’une fée du logis, absente, avait laissé endormis, Jérôme Farigoule, conservateur chargé des Arts décoratifs. Avec les “period rooms”, le nouveau maître de céans scénarise une histoire du goût relayée par les savoir-faire des meilleurs artisans d’art.
 
Maïté Vallès-Bled quitte le Musée Fleury : Lodève, aphone de la culture
L’annonce est tombée, le 11 septembre dernier, comme un couperet… Maïthé Vallès-Bled, grande historienne de l’Art, conservatrice depuis 13 ans du musée Fleury, également à l’origine de la création du festival Les Voix de la Méditerranée, quitte Lodève pour Sète. Laissant derrière elle un projet d’extension de musée considérable, qui a nourri sa réflexion pendant 7 ans et un chiffre de fréquentation record pour sa dernière exposition d’été consacrée à Bonnard. Rencontre.
 
Dorres, Llo, Saint-Thomas : Le miracle des eaux chaudes
Entre les massifs du Carlit et du Canigou, le trésor des Pyrénées bouillonne sous les pieds des randonneurs. Sous le grand ­paradis blanc de la Cerdagne enneigée, entre les versants vertigineux du Haut Conflent, jaillissent des torrents d’eau chaude issus du granit et des schistes. Depuis toujours. Ce sont les bains domestiqués de Dorres, Llo et Saint Thomas. Ou les bains ­sauvages de la vallée de la Têt pour les plus aventureux. C’est la version populaire et catalane du “bonheur est dans le pré”.
 
Un an après la tempête... La forêt cicatrise
C’était le 24 janvier 2009. Des vents d’une violence inouïe balayent l’Aude et les Pyrénées-Orientales, après avoir ravagé les Landes. Les bourrasques atteignent 226 km/heure ! Les forêts du Sud, sorties indemnes de la tempête de 1999, n’échappent pas, cette fois-ci, à la tempête Klaus… Un an après, qu’en est-il ? Si une partie du massif va se régénérer toute seule, il va falloir aussi replanter, en prenant en compte une nouvelle donne dans le choix des essences : le réchauffement climatique
 
Tableaux flamants
Nichera... Nichera pas... En Camargue, les Salins du Midi accueillent depuis plus de 35 ans la reproduction des flamants roses sur un îlot artificiel, l'un des rares sites méditerranéens. Un succès scientifique ! Mais les enjeux économiques rappellent aujourd'hui les limites du -programme sur un territoire façonné par l'homme. La balle est dans le camp du PNR, à condition que le cordon littoral tienne ses promesses.
 
Esprit Loft : de l'air !
Fuir, pour se démarquer de l’autre, le traditionnel immeuble haussmannien ou la maison méridionale. Décloisonner l’espace, jouer avec lui, et avec la lumière… Le loft, synonyme jadis de vie bohème et artiste, est la tendance urbaine du moment. Un moment qui dure depuis 20 ans et qui a pris l’amplitude d’un véritable phénomène. De “l’air” c’est la traduction -littérale de l’allemand “luft” d’où provient le terme - semblent dire les nouveaux lofteurs, ces particuliers qui ont choisi l’hyper surface d’habitation, confortablement et même luxueusement -installés dans des entrepôts réhabilités, des -garages, d’anciennes -friches industrielles… Montpellier n’échappe pas à la tendance. L’esprit loft touche aussi les campagnes, partout où subsistent d’anciennes friches industrielles. Mais entre les caves coopératives et les filatures, la friche cévenole empoche le palmarès en terme de superficies -habitables : 600 m2 au sol, voire 1 200 m2 et jusqu’à 2 400 m2 d’espace à vivre, à moduler, à réinventer. Qui dit mieux ?
 
Mode : Alexandra Dusewart : le luxe à revers
Ses vêtements, qui fusionnent l’ancien et le contemporain, répondent à un besoin sociétaire. Les matières sont nobles, les tissus recyclés. Les créations, uniques ou en série très limitée, d’Alexandra Dusewart inaugurent une véritable réflexion sur le vêtement, opposant au consumérisme ambiant la force du vieux neuf. Cette œuvre de rapiècement “artisanal”, d’une modernité déconcertante, habille déjà les “fashionitas” d’ici, à prix très doux. Une griffe Haute Couture pour la France d’en bas, que la jeune styliste, ancienne première main de la maison Martin Margiela à Paris, entend bâtir, sur mesure, avec et pour chacune d’entre nous. Cet hiver, faites entrer l’avant-garde dans vos placards !
 
Design : La flexibilité selon Vincent Gallix
Fasciné par le contact avec la matière, l’architecte gardois Vincent Gallix est entré dans le vif du design avec son Flexobon®, système breveté pour le moins ingénieux.  Admiratif du travail de Verner Panton, -Charles Eames ou Arne Jacobsen et adepte du concept forme/fonction, l’architecte reconverti designer a dessiné depuis un mobilier aux lignes étonnamment pures. Ou s’exprime toute la complexité de la simplicité.
 
Gastronomie : Aux origines du goût
Un MacDo sur la plus belle place de Rome, la Piazza di Spagna ? Les Romains sont-ils donc tous devenus fous ? Ni une, ni deux, le chroniqueur gastronomique Carlo Pétrini appelle à la résistance, pacifique, contre la restauration rapide, l’uniformisation du goût et le modèle américain du manger “vite et industriel”. Nous sommes en 1989, à l’Opéra Comique. La fine bouche transalpine lance, de Paris, Slow Food. Son slogan : manger bon, propre et juste. Autrement dit, bon pour le goût (et c’est là que l’on se fait plaisir…), propre pour le corps et pour la planète, et juste pour le producteur avec une rémunération à sa valeur. Mais l’objectif, au fil des années, va plus loin : il s’agit de transmettre un patrimoine en éduquant adultes et enfants aux bons produits du terroir, parfois oubliés pour leur forme biscornue ou leur couleur étrange, et en répertoriant tous les aliments menacés de disparaître face à la standardisation imposée par la grande distribution. Aujour-d’hui, tout juste vingt ans après, le mouvement revendique pas moins de 100 000 membres dans 150 pays ! Le petit escargot, emblème de Slow Food, a mis du temps à traverser la chaîne des Alpes… et s’implanter en France, le pays qui l’avait pourtant vu naître. Une petite équipe a débarqué à Montpellier en mai 2003 - aujourd’hui le siège est à Toulouse - avec à sa tête un Roussillonnais au caractère bien trempé. L’anglicisme demeure. Mais pour les puristes de la langue de Molière, on les appelle des “écogastronomes”.
 
Tentation : Des macarons complètement craquants
Depuis une dizaine d’années, le succès ne se dément pas. En France mais aussi Outre-Atlantique, les gourmets gourmands croquent à pleine saveur de délicieuses pâtisseries. Sucrés, salés, pastel ou acidulés, à l’apéro ou au dessert… Les macarons nous font voir la vie en rose.


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Jeudi 16 Septembre 2010

Le jeudi 16 septembre – la caravane des entrepreneurs à Montpellier

De 9h à 17h, place Paul Bec à Montpellier En savoir +
Jeudi 16 Septembre 2010

Le jeudi 16 septembre - Les rendez-vous du contrat de professionnalisation

à 19h à la DR Pôle emploi En savoir +
Samedi 18 Septembre 2010

Le samedi 18 septembre – 1er Trophées Hercules

Lac des Garrigues, sur les Hauts de Massane, à Montpellier. En savoir +
Jeudi 23 Septembre 2010

Le jeudi 23 septembre - 8e Rencontres Créalia

L’École Supérieure des Métiers de l’Aéronautique (ESMA), proche de l’aéroport international Montpellier Méditerranée à Mauguio (34) En savoir +
Vendredi 24 Septembre 2010

Vendredi 24 septembre - "Bouge-toi l'entreprise"

De 9h30 à 17h00 En savoir +
Mardi 28 Septembre 2010

Du mardi 28 septembre au mercredi 13 octobre - élections Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA)

Mercredi 29 Septembre 2010

Le mercredi 29 septembre - 12ème édition des Rencontres TIC

De 9h à 17h Au Théâtre d’O de Montpellier. En savoir +
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