Abonnez-vous
Flus RSS Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Envoyer à un ami Imprimer la page
 

Les décideurs de l’année 2009

Les décideurs de l’année 2009
 

Cette nouvelle édition des Grands prix Objectif, quatrième du genre, amorce un vrai virage au sein du monde économique. Ce n’est pas que les entreprises ont fait défaut au moment de la sélection. Malgré la crise, chaque département a su faire remonter de belles pépites auréolées d’une intéressante progression de leur chiffre d’affaires et ouvertes à de nouveaux marchés. Une fois de plus, ces Grands Prix apportent l’occasion de vérifier à quel point le Languedoc-Roussillon est une terre de création et d’innovation. Ce qui change, par contre, c’est toute l’attention avec laquelle les acteurs économiques qui ont composé nos différents jurys ont examiné les dossiers. Que ce soit dans l’Aude, le Gard, l’Hérault, la Lozère ou les P.-O., comme au niveau régional, ils ont réellement manifesté un très grand intérêt pour les entreprises évoluant dans la mouvance bio, très tendance désormais, et surtout fortement marquées par une responsabilité sociale et environnementale. Preuve qu’en ce début de 3e millénaire que l’on croyait irrémédiablement voué à la haute technologie et donc dénué d’une approche plus humaine, voilà que la nature dans ce qu’elle a de plus beau à nous offrir mais aussi l’éthique et le respect des autres font un retour gagnant dans la sphère économique. Qui s’en plaindra ? Pas nos lauréats en tout cas qui démontrent de façon magistrale qu’il est possible de réussir sans renoncer à ses valeurs.

 

 

 

Parrain de la soirée des Grands Prix Objectif - Joël Darnaud, directeur général délégué d’Oséo "Les entreprises qui innovent s’en sortiront le mieux"

La banque publique, chargée de soutenir l’innovation et la croissance des PME, a pris une part active dans les différents plans de relance initiés par le gouvernement depuis le crash financier de l’automne 2008. Avec un an de recul, les réussites de cette réaction concertée, mais aussi ses insuffisances, s’imposent à l’analyse de tous les acteurs impliqués, comme Joël Darnaud. Celui-ci voit dans les réussites que saluent les Grands Prix 2009 des raisons d’espérer pour l’économie dans son ensemble…

 

2009 se termine sur un niveau record de création d’entreprises (+ 56 000 fin octobre). Comment l’expliquez-vous ?
Le succès du nouveau statut de l’auto-entrepreneur explique ce phénomène, même s’il ne s’agit pas de création d’entreprise au sens classique. Mais sur le long terme, il faudra surveiller leur durée de vie, car on observe déjà de nombreux dépôts de bilan. Au-delà, la crise semble pousser les demandeurs d’emplois à trouver des solutions, à créer leur propre emploi. Sans doute parce que créer une entreprise n’a jamais été aussi facile.


Sur le front du crédit aux PME en revanche, la médiation du crédit annonçait en octobre une baisse de 16% des crédits aux entreprises. Les choses se tendent à nouveau…
Ce n’est pas du fait d’Oséo, puisque nous avons doublé notre action en garantie et progressé de 30% sur le crédit aux entreprises. Mais je ne pense pas que les banques se retirent. La vérité, c’est que l’investissement ne repart pas. Voyez le cas du transport, où les grands transporteurs ont réduit des deux tiers leur renouvellement de flotte, ou alors font de la croissance externe en rachetant des sociétés déjà pourvues d’une flotte. La chute de l’investissement implique nécessairement celle du crédit. C’est vrai aussi pour le crédit à court terme, et ce pour deux raisons : la loi LME a réduit les délais de règlement, et donc les besoins en liquidité des entreprises ; la baisse des chiffres d’affaires se traduit par une baisse des concours bancaires.


Oséo fut un des acteurs mobilisés sur le plan de relance dès les premières semaines de la crise financière, à l’automne 2008. Quel bilan en tirez-vous, un an plus tard ?
Un bilan très positif. Il était nécessaire qu’une banque publique comme Oséo intervienne pour faciliter le financement de la trésorerie des entreprises, bien que ce ne soit pas notre métier de base. C’était une action coup de poing, indispensable pour éviter un effet domino : le dépôt de bilan d’une entreprise impacte forcément son fournisseur et son client. La demande des banques a ainsi été très forte, soit pour renouveler les crédits bancaires à court terme, soit pour conforter les crédits bancaires à moyen terme. Dans tous les cas, la garantie d’Oséo a pu s’élever jusqu’à 90%. 15 000 entreprises ont été soutenues, pour un montant de crédit de 3 MdsÄ. Nous avons joué également un rôle essentiel dans la médiation du crédit, puisque tous les dossiers passés en médiation ont bénéficié d’une action en garantie d’Oséo.

 

Comment se profile le début d’année 2010 ?
Les bilans 2009 vont être mauvais. Et ils vont sortir au premier semestre, le moment où l’on attend une reprise, où les entreprises devraient investir à nouveau pour reconstituer leur stock. Or l’octroi de crédit se faisant sur l’analyse des bilans, on risque d’avoir des mauvaises cotations au moment même où les entreprises voulaient repartir… De ce fait, le gouvernement nous demande d’apporter de l’oxygène, non seulement en phase de crise, mais aussi pour donner des quasi-fonds propres aux PME qui veulent se relancer. Dans le récent plan de 2 MdsÄ aux PME annoncé par Nicolas Sarkozy, un milliard est assuré par Oséo, sous la forme de prêts participatifs, opérationnels depuis le 22 octobre.


À l’occasion de ces Grands Prix 2009, quel message voulez-vous faire passer aux PME locales ?
Le Languedoc-Roussillon, peu industrialisé, est moins touché par la crise. Souvent, on observe qu’il y a un effet d’inertie inverse dans ce cas-là, et que la reprise se fait aussi plus tardivement. Mais c’est une région qui, avec ses universités et ses pôles de compétitivité, a une culture de l’innovation, et ce sont les entreprises qui innovent qui s’en sortiront le mieux. C’est une région de développement durable, avec des axes forts dans l’éolien et le photovoltaïque. Elle profite d’un tourisme en pleine forme. Son hôtellerie de plein air a su investir pour avoir les plus grands campings. Ce sont des atouts pour l’avenir. Le tissu des TPE est très dense, du coup il vous faudrait plus de PME et d’entreprises de taille intermédiaire. Voyons le bon côté des choses : l’économie du Languedoc-Roussillon n’est pas dépendante d’un grand groupe implanté localement comme on peut le voir dans d’autres régions.

 

Les lauréats sont présents dans le médical, le para médical, l’agroalimentaire, le bio, la robotique, l’électronique… Comment se portent ces secteurs d’activité ?
Ce sont des entreprises qu’on a envie d’accompagner, sur des secteurs d’avenir. Même dans l’agroalimentaire, les entreprises positionnées sur ces marchés ont pu passer la crise plus facilement. Je préfère voir ce type de PME plutôt que des forgerons ou des sous-traitants du secteur automobile, confrontés à plus de difficultés.

 

Propos recueillis par Anthony Rey


 

 

Grand Prix Objectif "Décideur de l’année 2009" - ARCADIE - Bernard et Dominique Kimmel : un couple d’entrepreneurs solidaires
Fondateurs d’Arcadie, une société spécialisée dans les plantes médicinales (Herbier de -France) et les épices (Cook), Bernard et Dominique Kimmel forment un couple de dirigeants atypiques. Devenus entrepreneurs un peu malgré eux, ces partisans de l’économie solidaire s’impliquent autant auprès de leurs salariés que de leurs fournisseurs.

 

Tout démarre dans les Corbières en 1982 pour ces deux diplômés de l’enseignement supérieur qui décident de tourner le dos à une carrière toute tracée et de prendre le contre-pied de cette société de consommation dont ils devinent déjà les excès. « Nous avons acheté une ferme de 10 hectares pour produire des plantes médicinales. Nous étions sensibles à ce type de produit. C’était un choix de vie. Mais nous nous sommes vite rendu compte que pour être visible, il fallait réaliser une gamme », se remémore Bernard Kimmel. L’idée de s’associer à d’autres producteurs fait rapidement son chemin. Le bio est encore dans les limbes et les tisanes pas vraiment la tasse de thé des consommateurs. Une première coopérative, L’Herbier des Pyrénées, regroupant dix producteurs voit le jour en 1985 dans l’Aude. « On partait de rien et on faisait tout nous-même, de la collecte au conditionnement en passant par la vente. » Cinq ans plus tard, l’ouverture des premiers magasins bio qui vont accepter de -distribuer les produits de la coopérative autorise un début de croissance et l’opportunité d’importer des épices biologiques de Madagascar pousse le couple Kimmel à quitter le mode -coopératif pour créer sa propre structure, Arcadie, en 1990. Mais par manque de producteurs, le projet tombe à l’eau. Il renaît l’année suivante dans le Gard porté par une proposition d’implantation offerte par un client.


Une vraie démarche qualité
« On a fait le saut, d’abord du côté de St-Quentin-la-Poterie, puis dès 1995 à Alès dans une ancienne usine de chaussures dont la surface disponible, jusqu’à 1 700 m2, nous a permis de grossir sans nous obliger à déménager. » Passé du stade artisanal à l’entreprise agroalimentaire, Arcadie connaît alors une croissance soutenue de l’ordre de 33 % par an. Spécialisée dans les épices vendues sous la marque Cook et les plantes distribuées sous le nom Herbier de France, la société alésienne se distingue par une vraie démarche qualité qui conduit ses dirigeants à travers le monde pour aller chercher les meilleures épices et veiller à ce que les producteurs en tirent bénéfice. Dès ses premières exportations, Arcadie s’est d’ailleurs fait certifier par Nature et Progrès, une fédération internationale, pionnière dans le mouvement bio et adhère depuis 2003 à l’association Bio Équitable qui regroupe des entreprises engagées dans une logique de développement économique durable. Car le même travail de sélection est effectué au niveau des plantes que ces responsables vont chercher essentiellement en France et principalement en Provence. Surfant sur la vague bio, Arcadie est amenée, dès le début des années 2000, à envisager la construction de nouveaux locaux afin d’accompagner son important développement qui passe toujours par les mêmes -circuits de distribution pour commercer selon sa propre éthique et non celle de la grande distribution. « On a travaillé avec un architecte sur le projet afin que le bâtiment réalisé à partir de matériaux sains nous permette de produire plus et mieux tout en prenant en compte les conditions de travail de nos salariés. » Si la qualité des produits et leur mode de production restent une priorité pour Bernard et Dominique Kimmel, leurs salariés font aussi l’objet de toutes les attentions. Ainsi, ont-ils été sans doute parmi les premiers dans le Gard à bénéficier des 35 h, comme à disposer d’un plan épargne entreprise qui leur permet de détenir près de 10 % du capital et ainsi avoir un représentant au conseil de surveillance. Autre volet sur lequel les dirigeants d’Arcadie ne transigent pas : la formation pour permettre au personnel de suivre l’évolution de l’entreprise.


Une progression constante
« Si les salariés ne sont pas formés, ils ne sont plus adaptés. Nous avons donc mis en place un plan VAE (ndlr : validation des acquis de l’expérience) qui a consisté à suivre une journée de formation tous les quinze jours pendant un an. Embauchés pour la plupart alors qu’ils étaient en chômage longue durée, souvent sans la moindre qualification, il était important de leur donner des bases et leur permettre d’obtenir une reconnaissance. Mais nous continuons à proposer des formations plus pointues par poste », souligne Bernard Kimmel dont la société est labellisée « entreprise solidaire », ce qui lui ouvre des possibilités d’aides. Installée depuis 2005 derrière le parc des expos d’Alès, Arcadie continue de progresser au point d’avoir entrepris cette année des travaux d’extension de son bâtiment et d’envisager la construction d’un 2e local à proximité. Soutenue par Oséo qui lui a accordé un prêt innovation et par la Région via le dispositif Astre, la société qui dispose désormais de 1,2 MÄ de fonds propres, est prête pour aborder la phase suivante. Car après avoir créé une filiale en 2006 consacrée à l’approvisionnement de la restauration gastronomique et collective, de nouveaux projets sont en vue.


De nouvelles activités

Arcadie travaille sur une vaste opération d’initiation à la mise en place de plantes aromatiques en Languedoc-Roussillon avec la DRASS, la Région, les Chambres d’agriculture, « soit pour une diversification, soit pour une activité pleine, car il y a du potentiel. Nous disposons d’une ressource naturelle riche et, en plus, cela offrirait la possibilité d’entretenir les zones rurales comme les espaces de garrigue », fait remarquer ce dirigeant qui enchaîne déjà sur une autre idée, celle de proposer des repas bio pour les cantines du bassin d’Alès. Une activité qui pourrait être lancée dès que le nouveau bâtiment sera opérationnel, soit fin 2010, début 2011. Ce qui permettrait aux deux fondateurs d’Arcadie, dont les enfants ont commencé à prendre le relais au sein de l’entreprise, de créer toute une zone d’activité bio, certes acquise à l’économie de marché, mais dotée d’une belle qualité de vie avec, pour répondre à l’attente des parents, une crèche d’entreprise. Histoire de rester fidèles à cet esprit solidaire qui les a toujours guidés.

 


 

Grand Prix Objectif “Décideur de l’année de l’Aude” - GOLGEMMA - Jean-Claude Pichot : des huiles essentielles au parfum d’éthique

Depuis 15 ans, Golgemma produit et importe thym, sauge, fleur d’oranger et autres plantes rares comme le ylang ylang. La petite entreprise artisanale est l’un des leaders européens des huiles essentielles bio. À sa tête, Jean-Claude Pichot, un baba cool reconverti, qui a fait de la « responsabilité sociale et environnementale » son credo.

 

Pour la photo, il retire son béret. Sinon, il le garde vissé sur sa tête, par pragmatisme (« cela tient chaud ! ») et par goût de la « provoc’ ». Jean-Claude Pichot n’est décidément pas un patron comme les autres. De par son passé de soixante-huitard. De par la localisation de son entreprise, au fin fond de la désindustrialisée Haute-Vallée de l’Aude, à Espéraza. Et, surtout, de par ses produits : des huiles essentielles bio, des raretés venues du monde entier, notamment de Madagascar, le pays de la vanille.  Avec plus de 50 tonnes commercialisées par an et 200 références au catalogue, Golgemma est l’un des leaders européens, connus et reconnus par l’industrie cosmétique, alimentaire et pharmaceutique. L’époque du minot de Paris qui vendait des santiags mexicaines est bien loin… Jean-Claude Pichot est tombé dans la marmite des huiles, par hasard, dans les années 80. Une de ces rencontres, à la fois fortuite et déterminante. Il s’est retrouvé à couper, à la faucille, du thym et de la camomille romaine et à sillonner les routes avec son alambic mobile. « C’était dur, physique et contraignant, se souvient-il. Mais j’avais la certitude que les efforts allaient être récompensés.» Le dénicheur de senteurs finit par s’associer à un client, Patrick Collin, s’installe dans l’Aude, et crée Golgemma, du nom de la lavande aspic au Moyen Âge. Le bio et le bien-être deviennent à la mode, le succès est assuré. Jusqu’en 2003 où un incendie ravage l’entrepôt et les stocks. Jean-Claude Pichot perd tout, sauf « la niaque ». Il se relance, double le nombre de ses salariés (17 actuellement), mais aussi son chiffre d’affaires (5 ME). Aujourd’hui, le P-DG doit faire face à un nouvel obstacle : Reach, une réglementation européenne qui l’oblige à prouver l’innocuité de ses huiles, fussent-elles issues de plantes sauvages.


Entre business et éthique

Jean-Claude Pichot parle alors de « haute qualité essentielle », de « bonne pratique de fabrication » et de « responsabilité sociale et environnementale », son dada. Plus que des mots, une philosophie entre business et éthique. « Je n’imagine pas vendre des produits de soins en les faisant dans des conditions désastreuses et en volant les matières premières de pays tiers », explique-t-il. En clair, cela veut dire s’intéresser aux producteurs et à leurs conditions de vie, leur donner un coup de pouce, si nécessaire en finançant des petites banques de micro-crédit, les rémunérer à un juste prix et s’intéresser à l’impact de ce commerce. « Notre vœu pieu est de leur rendre ce qu’ils nous donnent », poursuit-il. La démarche lui assure une proximité et une réelle traçabilité, un point fort face aux grands noms du parfum et de la cosmétique qui cèdent, sur le tard, aux sirènes du bio. Mais pour leur résister, le patron au béret sait que, « tout en gardant les bons côtés de l’entreprise artisanale », il devra se professionnaliser. Cela passe d’abord par la construction d’une nouvelle usine, 100% sécurisée.
 

 

 

Grand Prix Objectif “Décideur de l’année de l’Hérault” – LA CURE GOURMANDE - Christian Berlan et Edouard Hennebert : mille et une douceurs

En s’installant dans les premiers thermes de Balaruc, cette société a voulu conserver la valeur qualitative des lieux jusque dans son nom, en opérant toutefois une légère translation vers les biscuits, les bonbons, et le chocolat. Un crime contre la diététique ? Plutôt un pèlerinage au pays du plaisir. Avec deux passionnés en guise d’éclaireurs.

 

Nougats fourrés à la figue, olives au chocolat, croquants aux amandes… Ne mâchons pas nos mots (entre deux dégustations) : les produits de La Cure gourmande sont une invitation permanente au péché. Chez ce spécialiste de la confiserie haut de gamme, la tendance à cultiver une image rétro révèle un concept d’ensemble, qui transpire jusque dans les produits, l’emballage, et le service en boutique. « À travers nos présentations hautes en couleurs, qui évoquent le cirque et d’autres douceurs d’enfance, nous voulons donner du plaisir et de l’émotion, confie l’un des fondateurs de l’enseigne, Christian Berlan. Nous ne faisons pas de vente mercantile. Nous avons un profond respect du produit, qui nous pousse à être rigoureux sur l’accueil de la clientèle. C’est épidermique, c’est la passion qui ressort. » Basée à Balaruc, la Cure gourmande fête cette année ses vingt ans. Forte de ses 240 employés, elle compte 31 boutiques au total, dont certaines en concession de marque en Belgique, en Espagne et au Portugal.


Maintien des valeurs
Jusqu’en 2000, le confiseur a pris le temps de se structurer, pour être prêt, le moment venu, à franchiser le concept à l’étranger. « Nous avons fixé une stratégie commerciale forte dès le début : nous ne fabriquons que pour nos magasins, et vendons au détail dans notre propre réseau, raconte Edouard Hennebert, un autre associé. Nous avons ensuite cherché des partenaires pour des franchises, mais sans dire oui à toutes les sollicitations de groupes financiers ou de la grande distribution. Nous voulons maintenir nos valeurs. » La Cure réalisera un CA de 19 MÄ en 2009, et évoque un prévisionnel de 23 MÄ en 2010. Elle a signé avec le groupe Lagardère en exclusivité pour la péninsule ibérique, où 25 magasins doivent ouvrir d’ici à cinq ans, et avec Relay pour le Nord de la France. 80 ouvertures sont programmées au total d’ici à 2010. « Nous ne signons qu’avec des partenaires qui sont en harmonie avec nous sur la stratégie commerciale, poursuit Edouard Hennebert. Nous avons un discours rare à entendre. Nous voulons garder et développer le réseau par les magasins mais aussi par le personnel qui les anime. La Cure doit offrir quelque chose en plus. C’est un univers. » Les unités de fabrication de la Cure gourmande, à Balaruc et Frontignan, verront de nouveaux investissements pour épouser cette montée en puissance. Sans parler de la menuiserie… « Nous fabriquons nos propres meubles, explique Christian Berlan. Comme nos magasins se montent rapidement, il est vital de ne pas dépendre d’un seul artisan. » La boutique du siège social, face à l’étang de Tau, explose de mille couleurs. Au premier, tout l’étage est mis à disposition de jeunes créateurs. « Nous faisons la promotion -d’artistes du coin, comme Philippe Loubat, en organisant des expositions. À l’origine, nous cherchions des peintres qui travaillaient sur l’idée de gourmandise. » Des esthètes, on vous dit.


 

 

 

Grand Prix Objectif “Décideur de l’année de Lozère” – AGT GROUPE - Lionel Boudoussier : retour gagnant au pays
Implantée à Mende depuis 1994, AGT développe des solutions de gestion à destination des PME et des grands groupes. La société totalise plus de 6 000 utilisateurs au travers d’une cinquantaine de grands comptes. Et sa dernière solution, sortie en avril, lui vaut déjà plus de 2 MÄ de bons de commande en attente de signature.

 

Retour au pays gagnant pour le fondateur d’AGT, Lionel Boudoussier. Ce Lozérien d’origine n’a pas trouvé mieux que sa terre natale pour faire naître son projet de création d’entreprise et donner à sa vie un tout autre sens après plusieurs années passées en région parisienne où il a occupé un poste au sein du contrôle de gestion d’un groupe de la grande distribution avant d’intégrer sa direction financière. « Pour remplir efficacement ma mission portant sur les 350 magasins du groupe, j’ai mis au point un logiciel fort utile, mais que la direction n’a pas souhaité étendre à l’ensemble des différentes surfaces de l’enseigne », se souvient Lionel Boudoussier qui décide alors de poursuivre l’aventure tout seul. D’où la création d’AGT qui détient aujourd’hui en portefeuille une cinquantaine de grands comptes, soit plus de 6 000 utilisateurs. Ce dernier chiffre a tout simplement doublé depuis un an et devrait réaliser un nouveau bond en avant avec la sortie, en avril dernier, d’une toute nouvelle solution qui connaît un très beau succès. AGT enregistre en effet plus de 2 MÄ de bons de commande en attente de signature, soit 29 contrats à concrétiser alors que le groupe immobilier Orpi vient de choisir à son tour ses solutions pour optimiser la gestion de ses très nombreuses agences. « Nous ne sommes plus éditeur de logiciels. Nous proposons désormais un portail qui intègre toutes les données. Nos clients n’ont besoin que d’un mot de passe pour avoir accès à tout leur environnement de travail », explique Lionel Boudoussier. L’intérêt de cette dernière solution, Web Service 2, qui a demandé deux ans et demi de R&D et 400 000 Ä d’investissement (AGT réalise 1,8 MÄ de CA) : intégrer des informations, ne pas nécessiter des paramètres, être proposée en mode locatif avec un tarif compris entre 20 et 90 Ä par mois et même être lue à partir d’un Iphone.


En quête de relais
« Notre gros avantage est notre savoir-faire et notre technologie, notre difficulté, la petite taille de l’entreprise qui nuit à sa visibilité », résume Lionel Boudoussier dont l’objectif est de trouver des relais au niveau national et international pour toucher la simple PME et grossir encore le nombre de ses clients. Une performance au niveau de la Lozère, puisque la solution est hébergée chez AGT au travers de deux Web Serveur. « En termes de débit, on pèse autant que Sofia Antipolis », fait remarque Lionel Boudoussier qui attend avec impatience l’arrivée de la fibre optique amenée depuis l’A75 avec l’aide du Conseil général et de la Région. « Cela nous ouvrira des possibilités de connexion au très haut débit, absolument indispensable pour poursuivre notre activité dans de bonnes conditions », confie ce chef d’entreprise qui, comme ses salariés (ils sont 25 en tout, en majorité des ingénieurs en informatique ou des consultants), a trouvé en Lozère le moyen de concilier au mieux vie professionnelle et vie privée.

 

 


 

Grand Prix Objectif “Décideur de l’année des P.-O.” - CARMELEC - Robert Vallé : une certaine idée de la performance
Carmelec conçoit des instruments de mesure électroniques, mais ne varie pas sur les valeurs qui l’ont guidée depuis ses origines de PME familiale. Distinguée par le prix Alfred Sauvy en 2006, elle reçoit un grand prix Objectif cette année, récompensant son dynamisme et son bel esprit maison.

 

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Chez Carmelec, PME de Perpignan spécialisée dans la fabrication de systèmes d’acquisition et de traitement de mesures, ni l’ancienneté de l’activité (création en 1977 par Jacques Tur) ni la forte culture technique n’ont été des garanties de réussite économique. « Notre entreprise, familiale à l’origine, artisanale dans ses méthodes, a longtemps été peu réactive en service commercial, reconnaît le directeur Robert Vallé. Nous étions exposés au risque classique d’une PME qui réalise 90% de son CA auprès de cinq clients seulement. Mon arrivée comme directeur adjoint en 2004 a marqué la réorganisation de Carmelec face à ces difficultés. Nous avons rebâti un plan marketing, visant à consolider nos marchés existants, et à nous diversifier sur de nouveaux -secteurs, comme les ENR ». Carmelec fabrique des instruments de mesure, assurant des contrôles non destructifs par radiographie et magnétoscopie, et des capteurs à corde vibrante, placés sur des ouvrages d’art.


Stratégie proactive

Elle compte ses clients dans l’électricité (EDF principalement), l’automobile, l’aéronautique, la pétrochimie, etc. Le savoir-faire différenciateur de la PME réside dans sa réactivité et la souplesse de son offre. « EDF utilise nos instruments pour la mesure de la radioactivité dans ses centrales nucléaires, raconte Robert Vallé. Nous sommes partis du cahier des charges, que nous avons nous-mêmes remis en question pour concevoir un appareil qui corresponde au mieux au besoin exprimé. Inversement, un autre cahier des charges d’EDF a été par la suite calqué sur les spécifications du Dolphy, un de nos produits devenu une référence dans les débitmètres. » Les gros clients de -Carmelec sont aussi ses revendeurs. Certains d’entre eux exportent et par ce biais, la PME s’est emparée de 20 % de la production de luxmètres en Allemagne. Mais son marché reste national pour l’essentiel. Sa nouvelle stratégie proactive la pousse à prospecter de nouveaux marchés, ou lancer de nouvelles activités. Son expérience en informatique embarquée l’amène depuis 2005 à développer un didacticiel pour la formation automobile. Elle travaille aussi à transposer la partie logicielle de son cœur d’activité sur des cartes informatiques, destinées à s’interfacer sur des chaînes de production automatisées. Malgré des effectifs réduits (dix salariés, 33 ans de moyenne d’âge) et des résultats modestes (800 000 Ä de CA en 2008, en hausse de 10% en 2009), Carmelec ne veut pas s’arrêter à la réalité de ces chiffres. Elle a initié une démarche de développement durable, qu’elle présente en termes de « performance globale » : « On évoque parfois l’économie au service des hommes, et c’est un principe auquel je souscris, indique Robert Vallé, par ailleurs impliqué au CJD 66. Le développement durable a aussi un versant social. La formation, le développement personnel et collectif sont des valeurs qui sous-tendent Carmelec. »

 

 


Grand Prix Objectif “Décideur européen” – LOTIMS - Jean-Philippe Coton : la collaboration en R&D récompensée
Au gré des alertes sanitaires, de grippe aviaire en fièvre porcine, les responsables politiques, le grand public, mais aussi les entreprises ont saisi l’importance des procédures de contrôle de la viande. Contrairement à l’opinion commune, on ne peut pas encore tout analyser. Heureusement les méthodes de contrôle progressent, comme l’atteste le projet européen LOTIMS (Laboratory and Online Tools to Invistigate Meat Structure).

 

Dans le marasme actuel, on sera heureux d’apprendre que les PME françaises se défendent bec et ongles, et ce au plus haut niveau. Dans le dernier palmarès Eurostars, un programme soutenant les PME de haute technologie sur des projets développés en partenariat européen, la majorité des dossiers sont orchestrés par des entreprises du cru. À l’honneur : le projet LOTIMS, porté par la PME héraultaise Histalim, est arrivé troisième sur 186 candidats. C’était le seul dossier en lice à connotation agroalimentaire. Cette initiative vise à mettre en place une analyse de laboratoire et un outil de contrôle de la structure des viandes. « Sur le marché de la viande pour produits élaborés, le passage des anciennes méthodes de désossage à des processus de plus en plus automatisés impose de trouver de nouveaux contrôles de qualité, notamment sur la structure de la fibre, explique Jean-Philippe Coton, DG d’Histalim. Or, il n’existait jusqu’ici aucun outil de laboratoire distinguant une viande hachée d’une purée de viande, et permettant de quantifier la perte musculaire. » Le projet LOTIMS, d’un coût total de 1,35 MÄ, a bénéficié d’un financement européen sous forme de subventions à hauteur de 40%. Lancé en septembre 2008, il devrait aboutir dans moins de deux ans. Histalim a été l’initiateur de ce projet collaboratif, qui associe par ailleurs CAPELEC, une autre PME héraultaise, et deux universités danoises. « Chaque partenaire avait la gestion d’un “work package” différent, détaille Jean-Philippe Coton. Le nôtre, en amont, visait à concevoir et développer une méthode d’analyse de laboratoire non destructive. Cette partie du travail touche à sa fin, même si notre rôle de coordinateur se prolongera jusqu’au bout. »


Des débouchés concrets
Cette méthode destinée à de futurs clients industriels permettra à LOTIMS de trouver deux débouchés concrets : un kit de laboratoire, vendu par Histalim (pour une prévision de 150 000 Ä par an), et un analyseur utilisable directement sur les chaînes de production, conçu par CAPELEC et distribué par Histalim. Le marché des outils estampillés LOTIMS pourrait représenter un CA de 2 MÄ à horizon 2013. Le succès du projet devrait permettre d’améliorer la maîtrise de la filière viande transformée en Europe. « Nous avons entrepris une démarche au plan européen pour normaliser notre méthode et pour qu’elle s’impose comme un standard », précise Jean-Philippe Coton. À l’échelle locale, l’expérience aura été bénéfique pour Histalim aussi. « Nous avons acquis des compétences extraordinaires en analyse d’image histologique (technique permettant de déterminer la nature des tissus par lecture microscopique). En raison du grand nombre d’hôpitaux en région, nous réfléchissons aujourd’hui à des outils du même type déclinés dans divers secteurs médicaux. Nous recherchons déjà des partenaires en histologie médicale. »

 

 


Grand Prix Objectif “Jeune Pousse” – SYT TECHNOLOGIES - Mehmed Yilmaz : un créateur qui voit loin
Créée voilà tout juste trois ans, Syt Technologies conçoit et fabrique une caméra dont le point fort est de détecter une forme humaine à… 23 kilomètres ! Un produit auquel les professionnels de la sécurité, en France comme à l’étranger, s’intéressent de plus en plus. Gros contrat en vue
.

 

Répondre aux nouvelles problématiques liées à la sécurité, une notion de plus en plus prise en compte à travers le monde par pratiquement tous les États depuis les attentats du 11 septembre 2001 : c’est sur ce créneau porteur que la société nîmoise Syt Technologies a choisi d’axer son activité. « Nous concevons, fabriquons et commercialisons des systèmes de vision brevetés et destinés au marché de la sécurité », précise l’un des deux co-fondateurs de Syt Technologies, Mehmed Yilmaz qui cite les principales cibles de la société nîmoise, à savoir les services de sécurité intérieure, de protection du territoire, les pompiers, les militaires, les gros acteurs industriels… « Notre produit-phare, Séraphin, est une caméra transportable qui offre un avantage non négligeable, celui de détecter une forme humaine ou n’importe quel mouvement insolite à une grande distance puisqu’elle permet de voir jusqu’à 23 kilomètres, de jour comme de nuit. Ainsi, en cas d’incendie par exemple, le fait de repérer un départ de feu au loin permet d’agir plus vite et d’économiser des moyens tant humains que matériels », souligne M. Yilmaz.


Une innovation forte
La force de Séraphin ? Sa recherche de performance, sa transportabilité et son faible coût, « autant de critères exigés par nos clients. » Si les débuts n’ont pas été faciles pour Mehmed Yilmaz et son associé, Franck Taton, l’avenir semble désormais beaucoup plus clair. Après avoir signé un premier contrat avec l’étranger fin 2008 pour un montant de 550 000 Ä, la société nîmoise s’apprête à en signer un deuxième avec un distributeur pour certains États d’Afrique du Nord. « Un gros client », confirme Mehmed Yilmaz, qui compte sur cette signature pour disposer des moyens nécessaires au développement de Syt Technologies. « Après l’entrée de Mélies dans le capital en 2008, nous sommes à nouveau dans une dynamique de levée de fonds portant sur 1 MÄ, précise-t-il. Les perspectives sont très encourageantes, notamment à l’export. » Bien sûr, Syt Technologies n’est pas la seule société sur le marché de la sécurité. De très grosses structures proposent leurs services. « Notre chance est d’avoir une plus grande réactivité et de pouvoir apporter des solutions capables de tenir compte des contraintes économiques, ce que ne savent pas encore faire les grands groupes », souligne Mehmed Yilmaz. En s’appuyant sur une innovation forte au sein de l’entreprise, Syt technologies commence à étoffer sa gamme de produits et met au point d’autres caméras plus ou moins performantes selon les besoins ainsi que des produits annexes, tels des systèmes d’orientation. Actuellement composé de trois personnes, l’effectif devrait gonfler dès 2010 avec des recrutements en R&D mais aussi au niveau des services administratif et commercial. « Il nous faut anticiper notre évolution. La signature de ce contrat va nous apporter des moyens financiers. Mais nous sommes aussi en négociation avec des acteurs importants du marché, ce qui ne peut que nous tirer vers le haut », conclut Mehmed Yilmaz.

 

 

 

Grand Prix Objectif “décideur online” – JVWEB - Jonathan Vidor : champion de la pub en ligne
Internet bouge vite, et pour les entreprises surfant sur une activité online, il faut s’adapter tout aussi rapidement. JVWeb l’a bien compris, en anticipant depuis des années les évolutions fulgurantes de la publicité en ligne, au point de s’imposer comme une référence du secteur.

 

Si Google est devenu le colosse que l’on sait, c’est surtout grâce à la croissance phénoménale du magot de la pub sur internet. D’ailleurs le géant de la recherche lance en moyenne un nouvel outil publicitaire ou un nouveau moyen de diffusion de ces outils tous les trimestres. Autant dire que les agences positionnées sur le créneau ont un gros travail de veille technologique à fournir. Sur ce point, Jonathan Vidor a su faire fructifier une expérience glanée précocement. Dès la fin de ses études en 1998, il développe des sites internet qu’il exploite lui-même, pour le compte de professionnels du tourisme en majorité. « Je référençais ces sites sur Google, qui en retour m’envoyait du trafic que je reroutais vers le client, raconte-t-il. Je générais ainsi de 3 000 à 4 000 demandes de voyage par mois. » Bel exploit pour quelqu’un qui travaille encore dans sa chambre d’étudiant !


Performance marketing

Quand il décide de créer JVWeb en 2004, Jonathan Vidor a déjà « six ans de background » derrière lui. Entre 2006 et 2009, la PME montpelliéraine passe d’un à 17 salariés. Entre-temps, JVWeb s’impose comme un spécialiste de la performance marketing. « Il y avait seulement cinq à dix sociétés françaises sur ce créneau à l’époque, explique Jonathan Vidor. Il y en a aujourd’hui cinquante, mais nous restons dans les premières. Les règles de la pub sur le Net ont toujours été floues, ce qui a encouragé tout et n’importe quoi. Contrairement à nos concurrents, nous avons visé la rentabilité à long terme. » JVWeb prend toutefois conscience qu’elle se prive de certains prospects qui communiquent. La société crée en 2008 un pôle agence, et assume elle-même les investissements publicitaires. Elle est payée en pourcentage du CA rapporté au client. « On peut nous associer à des traders. Ce partenariat nous oblige à être performants, à trouver des sources de trafic internet, qui rapportent à leur tour des recettes. » En achetant 10 MÄ d’espaces publicitaires cette année, JVWeb a généré 3,9 MÄ de CA (3,7 MÄ en 2008 pour 8 MÄ d’espaces). Un quart de ces résultats vient de l’étranger. Pour le pôle marketing, JVWeb travaille surtout avec de grands comptes (Microsoft, Dell, Adobe, Disney…), répartis sur six pays européens et les États-Unis. Pour le pôle agence, il s’agit surtout de PME ou TPE, « des pure players qui ont créé leur affaire sur le Net. » JVWeb, qui travaillait beaucoup jusqu’ici avec des liens sponsorisés, a diversifié en 2009 sa gamme de services en s’ouvrant aux réseaux sociaux et aux comparateurs de prix. Ses cadres et ses techniciens partent régulièrement en formation au siège de Google France à Paris ou au centre européen du groupe, à Dublin. « Cela nous permet de rester au courant des nouveaux outils ou formats publicitaires, et de les proposer plus vite aux clients. » L’avenir, comme souvent, est au téléphone portable, surtout grâce au succès de l’iPhone. Le joujou d’Apple capte déjà 50% des connexions internet sur mobiles. Un potentiel qui va se monétiser très vite. « On estime que la progression de ce marché en 2010 sera équivalente à celle de Facebook, qui a vu ses investissements publicitaires multipliés par dix rien qu’en 2009. » De beaux pourcentages en perspective.

 

 


Grand Prix Objectif “Coup de cœur” – MEDTECH - Bertin Nahum : Des robots pour la chirurgie
À la tête de Medtech, Bertin Nahum développe des outils innovants pour le monde médical. Après Brigit, vendu au leader mondial de la chirurgie orthopédique, ce jeune ingénieur lance Rosa, un robot apportant plus de sécurité dans les opérations du cerveau. En un an et demi, cinq hôpitaux se sont laissé convaincre.

 

Le « déclic » a eu lieu en fin d’études, lors d’un projet à l’hôpital neurocardiologique de Lyon. L’étudiant en électronique et robotique participe au développement d’un logiciel capable de détecter tout seul des lésions crâniennes à partir de scanners. Lui, le « technologue », comme il dit, éprouve alors un sentiment concret « d’utilité » : rendre service à des patients. « C’était la rencontre entre deux mondes, celui de la technique des ingénieurs et celui de -l’approche empirique des médecins », se souvient Bertin Nahum. L’idée de créer des robots pour réduire les aléas chirurgicaux ne le lâchera plus. Grenoble, Strasbourg et Santa Barbara aux États-Unis… il en parcourra des kilomètres avant de se lancer en solo. Dans chacune des entreprises qui le recrutent (ISS, Computer Motion ou IMMI), il est « sur le terrain », jusque dans les blocs opératoires, interroge les « pontes » sur leurs besoins, et assiste à des premières mondiales dans le domaine de la chirurgie assistée par ordinateur. En juillet 2002, il finit par se lancer en cavalier seul « pour aller jusqu’au bout ».


En pointe en orthopédie...
Ce sera « Medtech », mariage de la médecine et de la technologie, une start-up innovante incubée à Nîmes, puis à Montpellier. L’enfant du Bénin, volontiers globe-trotteur, se parachute en Languedoc-Roussillon parce que le « secteur médical y est fortement représenté, entre les écoles, les laboratoires et les hôpitaux. » La naissance de Brigit, un robot d’assistance de chirurgie orthopédique - pour lequel il obtient le prix Anvar (aujourd’hui Oséo) - est rapide. Ce bras positionneur assiste le chirurgien dans les découpes osseuses, préparatoires à la pose de prothèse. Habituellement, l’intervention, à la fraiseuse ou à la scie, dépend entièrement de la main du chirurgien. Le leader mondial de la chirurgie orthopédique, l’Américain Zimmer, ne s’y trompe pas et achète le brevet. L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais Bertin Nahum veut « aller jusqu’au bout », encore et toujours, et conçoit un deuxième robot dans un autre domaine (ce qui est assez rare) : la neurochirurgie.


... et en neurochirurgie
Rosa est une plate-forme robotisée utilisable dans toute la chirurgie crânienne, que ce soit pour des tumeurs ou des cas d’épilepsie et de Parkinson. Depuis sa certification européenne il y a un an et demi, cinq hôpitaux, dont un à Rome, en ont fait l’acquisition, ce qui permet à Medtech de générer un million d’euros de CA. Mais la société voit son avenir outre-Atlantique et veut ouvrir une antenne à Montréal pour attaquer le marché américain. Elle pense aussi à de nouvelles applications pour Rosa, notamment pour les opérations du rachis (colonne vertébrale). « La chirurgie assistée par ordinateur n’en est qu’à ses débuts, analyse Bertin Nahum. Mais il va y avoir un mouvement de fond. Cela va basculer sous le poids de trois contraintes : le vieillissement de la population et donc l’augmentation du nombre de patients, leur exigence accrue, et, en face, la baisse du nombre de praticiens. Il faudra bien des robots pour -fiabiliser le geste chirurgical. »

 

Dossier réalisé par Marie-Claire Pit , Anthony Rey, Gwenaëlle Moulins
 

Objectif News TV Les Grands Prix Objectif
Mardi 31 Aout 2010

Du mardi 31 août au vendredi 3 septembre – 1e semaine internationale de l’agronomie

à Montpellier (Corum et Campus de la Gaillarde) En savoir +
Samedi 04 Septembre 2010

Le samedi 4 septembre - Cap sur les métiers de l'air.

à Paris et à Montpellier En savoir +
Samedi 18 Septembre 2010

Le samedi 18 septembre – 1er Trophées Hercules

Lac des Garrigues, sur les Hauts de Massane, à Montpellier. En savoir +
Jeudi 23 Septembre 2010

Le jeudi 23 septembre - 8e Rencontres Créalia

L’École Supérieure des Métiers de l’Aéronautique (ESMA), proche de l’aéroport international Montpellier Méditerranée à Mauguio (34) En savoir +
Vendredi 24 Septembre 2010

Vendredi 24 septembre - "Bouge-toi l'entreprise"

De 9h30 à 17h00 En savoir +
Jeudi 30 Septembre 2010

Le jeudi 30 septembre - sommet TGV à Perpignan

Perpignan Méditerranée Communauté d'Agglomération En savoir +
Sondage
Croyez-vous à une reprise de l'activité économique pour 2010 ?
Oui
Non
Sans opinion
valider
Déposez votre communiqué


Archives Objectif
Contact|Mentions légales |Crédits|Plan du site| Copyright © Objectif LR 2009
Choosit